Enfin arrivée chez elle, elle se hâta de retirer ses maudites nouvelles chaussures a talons sur lesquelles elle avait tellement flashé qu'elle s'était résignée, sa pointure n'étant plus en stock à les prendre plus petites qu'il ne l'aurait fallu: mal lui en a pris. Et alors que d'habitude elle s'empressait de rejoindre son lit épuisée, cette fois ci elle ne put s'y résoudre.
Ainsi, elle monta l'étroit escalier de bois en colimaçon pour rejoindre les combles. Il fallut plusieurs cartons d'ouverts avant qu'elle ne la trouve enfin, soigneusement enveloppée d'une housse. Sa robe de mariage. Maman. Toujours aussi éclatante de blancheur malgré le poids des années, toujours aussi luxueuse et magnifique avec ses broderies et ses lacets de satin rouge, ses froufrous retenus avec légèreté par d'élégants noeuds d'un bleu charron. Comme s'il eusse s'agit d'un trésor, elle la déplia avec délicatesse pour en porter le tissu soyeux à ses narines. Mais avec déception, elle constata que l'odeur de poussière et de renfermé avait pris le dessus sur le parfum protecteur de sa mère.
Et c'est seulement à l'instant ou elle voulut remettre la robe à son emplacement qu'elle le découvrit. Elle ne l'avait encore jamais vu auparavant, mais elle sut néanmoins immédiatement de quoi il s'agissait. Un simple cahier au pourpre terni et aux reliures dorées abîmées, et pourtant, cette découverte était encore plus précieuse que la précédente.