Prologue

Prologue


Elle gravit les escaliers menant à son grand appartement à une rapidité fulgurante, tentant vainement d'étouffer le bruit de ses pas pour ne pas réveiller tout l'immeuble à une heure si avancée. De toute façon, les voisins pourraient bien appeler la police, ça ne gâcherait pas sa bonne humeur. Elle était aux anges. Il l'avait demandée en mariage. Karl, Son Karl, l'avait demandée en mariage ce soir.

Enfin arrivée chez elle, elle se hâta de retirer ses maudites nouvelles chaussures a talons sur lesquelles elle avait tellement flashé qu'elle s'était résignée, sa pointure n'étant plus en stock à les prendre plus petites qu'il ne l'aurait fallu: mal lui en a pris. Et alors que d'habitude elle s'empressait de rejoindre son lit épuisée, cette fois ci elle ne put s'y résoudre.

Ainsi, elle monta l'étroit escalier de bois en colimaçon pour rejoindre les combles. Il fallut plusieurs cartons d'ouverts avant qu'elle ne la trouve enfin, soigneusement enveloppée d'une housse. Sa robe de mariage. Maman. Toujours aussi éclatante de blancheur malgré le poids des années, toujours aussi luxueuse et magnifique avec ses broderies et ses lacets de satin rouge, ses froufrous retenus avec légèreté par d'élégants noeuds d'un bleu charron. Comme s'il eusse s'agit d'un trésor, elle la déplia avec délicatesse pour en porter le tissu soyeux à ses narines. Mais avec déception, elle constata que l'odeur de poussière et de renfermé avait pris le dessus sur le parfum protecteur de sa mère.

Et c'est seulement à l'instant ou elle voulut remettre la robe à son emplacement qu'elle le découvrit. Elle ne l'avait encore jamais vu auparavant, mais elle sut néanmoins immédiatement de quoi il s'agissait. Un simple cahier au pourpre terni et aux reliures dorées abîmées, et pourtant, cette découverte était encore plus précieuse que la précédente.


Ainsi, il était donc là.

# Online seit Dienstag, 01. September, 2009 um 11:53

Geändert am Dienstag, 06. Oktober, 2009 um 21:17

Chapitre Premier

Chapitre Premier


Le Mercredi 8 aout 2001



Cher journal ,

Quoi que non, ce n'est pas vraiment un journal intime. A vrai dire, je ne sais pas trop comment commencer, je ne sais même pas vraiment ce que je vais écrire dans ce carnet, je suis juste incapable de laisser ces pages entièrement vides, la première en tout cas .C'est comme un nouvel agenda pour les rentrées, même si on s'en fiche complètement, on remplit toujours la page d'information sur son propriétaire dès qu'on l'a acheté. Ou peut être que c'est juste moi qui suis comme ca, c'est bien possible. Aujourd'hui, c'est mon anniversaire,mon treizième anniversaire et maman m'a offert ce cahier. Elle sait a quel point j'aime écrire. Je le tiens certainement d'elle d'ailleurs.




Le Mardi 12 mai 2009



Voila bien longtemps maintenant que je n'ai rien ecrit sur ce cahier. Peut etre parceque je n'avais rien a y dire. Mais aujourd'hui, je suis bien décidée a remplir ces pages régulièrement. Peut etre parceque aujourd'hui j'ai mûri, je construis ma vie , et parcequ'aujourd'hui maman, tu es morte.

N'est ce pas paradoxal que ma vie commence là ou la tienne se finit alors que je t'aimais tant ? Non, peut etre pas. J'ai tellement voulu suivre tes pas pour tout, j'ai tellement suivi tes conseils que finalement je ne peux voler de mes propres ailes que maintenant.

J'ai toujours pensé que la mort inattendue était cruelle, qu'elle ne nous permettait pas de nous préparer a la perte de quelqu'un, je crois que c'est ce que j'ai pensé apres avoir vu le Roi Lion et la mort soudaine de Mufasa. J'ai d'ailleurs toujours expliqué par ces mots la peine que j'ai éprouvée apres la mort de papa. Maintenant, je serai incapable de dire ce qui a éte le pire pour moi. L'accident de voiture imprévu de papa, ou ton cancer.

Ta mort n'etait pourtant pas à envisager avant dans deux mois environ, mais je crois que jamais tu n'as vraiment reussi a te remettre de cette operation, de cette ablation du sein qui ne faisait d'apres tes paroles plus de toi une femme.Tu ne pouvais plus supporter non plus ton enfermement, ton inactivité, ton travail te manquait tant. Alors tu t'es laissée mourir peu a peu devant moi, abattue, et j'ai presque ressenti du soulagement de ne plus avoir a subir cette vision.

Ne suis-je pas horrible ?





Le Jeudi 14 mai 2009



Aujourd'hui maman, c'était ton enterrement. L'eglise etait remplie de gens qui m'étaient totalement inconnus si bien que j'ai cru au debut m'etre trompée de batiment. Et quand j'ai reconnu quelques visages qui m'ont permis de comprendre que tous ces gens étaient la pour toi, j'ai ressenti comme une fierté. J'etais fière que ma mère soit si reconnue pour son travail. Mais j'etais aussi incroyablement genée. Moi qui était pourtant ta propre fille, je me suis sentie a l'écart. J'ai eu la désagréable impression que ces gens ne venaient pas voir la même personne que moi.

Parcequ'au fond maman, je n'ai jamais connu la personne que tu étais au travail, alors que tu y consacrais ta vie entière. Je n'ai jamais connu tous ces gens qui se sont succédés pour faire un discours en ton honneur et te rendre hommage et qui pourtant disaient tant de connaitre et tant t'aimer. Ils disaient cela avec tant de peine et de certitude, que j'ai commencé à croire que peut être ils en savaient plus sur toi que moi.

Au moment de déposer une fleur dans ton cercueil, j'ai hésité à jeter un regard sur ton visage. Et puis finalement, je me suis souvenue des regrets que j'avais eu de ne pas pouvoir voir celui de papa, qui n'etait dans son cas même plus regardable après ce qu'il avait subi comme chocs, coupures et égratiniures. Aujourd'hui encore j'ai du mal à me souvenir de ses traits sans devoir chercher une photo. Alors cette fois ci j'ai voulu considérer ton visage une derniere fois.

Ce que j'ai decouvert n'était rien d'autre qu'un visage terne aux traits tirés. Sa pâleur sculpturale contrastait affreusement avec ces cernes noires que même le maquillage n'avait pu cacher tellement elles étaient encrées. Contrairement aux autres, cette vision ne m'a pas choqué. Voila maintenant quelques semaines que ton sourire éblouissant avait laissé place a ce masque morbide et sans expression, et je préfère garder en mémoire ton éclat d'antant que ce physique de tes derniers jours qui ne te représentait pas.

Nous étions tous dehors, dans le cimetière quand il s'est tout d'un coup mis à pleuvoir alors que quelques minutes auparavant le soleil nous éblouissait encore. Il s'est alors passé quelque chose que je n'oublirais pas. Tous se sont reculés de quelques mètres pour continuer à regarder la scène de plus loin tout en se protégeant des intempéries sous le toit qui abritait les arrosoirs pour l'entretien des fleurs tombales.

Il ne restait plus que le prêtre qui continuait à réciter ses textes, imperturbable, et moi devant le trou creusé dans la terre que ton cercueil allait bientôt remplir. Et c'est là que j'ai compris la solitude qui animait ta vie. Ce n'est qu'à ce moment-là que j'ai su pourquoi tu donnais tant d'amour à ton travail et à moi. Ce n'est qu'à ce moment aussi, qu'un sentiment bien plus désagréable a dépassé de loin la tristesse que je ressentais.

Le Rien, Le Vide, Le Néant.


On ne peut pas vraiment dire que j'ai de réels amis, mais de simples connaissances. Le travail que je voudrais faire pour te succéder est certes quelque chose qui me tient à coeur, mais il n'est pas comme pour toi une passion. Voila de quoi je manque malgré mes recherches: de passions. Et la seule personne que j'avais pour combler ce vide, c'etait toi. Le trou noir qui m'a alors enveloppé à cette constatation est indescriptible, je me suis sentie fragile,à decouvert, et seule, horriblement seule.

Subitement, je n'ai plus senti les gouttes qui glissaient de mon cou jusqu'au bas de ma colonne vertébrale. Enfin, je dis subitement, mais je ne sais pas vraiment quand elles ont cessé de tomber sur mon corps tellement j'etais absorbée à penser, je m'en suis seulement soudainement rendu compte quand une main glacée a attrapé la mienne.

En temps normal, jamais quelqu'un n'aurait pu me toucher comme ca sans que je ne fasse rapidement un pas en arrière, méfiante, sauf toi maman forcement; encore et toujours toi. Mais là je n'ai rien fait, je n'ai meme pas regardé le visage de l'inconnu tellement je me sentais honteuse de mes larmes incessante. Alors je l'ai laissé amener ma main jusqu'a quelque chose et la lacher délicatement.

Ce n'est qu'une demi heure après, alors que la plaque de marbre etait deja posée et que le cimetière etait d'un vide effrayant que j'ai daignée lever la tête et poser mon regard sur ce que je tenais de ma main droite, poser mon regard sur ce parapluie.

# Online seit Mittwoch, 02. September, 2009 um 16:44

Geändert am Sonntag, 06. September, 2009 um 10:51

Chapitre Deuxième

Chapitre Deuxième




Le Mardi 19 mai 2009



Aujourd'hui maman, je suis allée à ce salon de thé que tu aimais tant, pour ses boites colorées de toutes les couleurs alignées méticuleusement sur deux pans de mur entiers, et pour son odeur, surtout celle qui se faisait sentir quand la propriétaire torréfiait et moulait le café dans l'arrière boutique.

Je t'entendais encore dire ton traditionnel « ah, quel dommage que le gout du café ne soit pas à la hauteur de son odeur, ça nous déçoit toujours ». Qu'est-ce que cette phrase pouvait m'agacer, à chaque fois que nous étions là bas tu ne pouvais t'empêcher de la prononcer. Maintenant, je ne sais pas ce que je pourrais bien donner pour de nouveau pouvoir l'entendre.

- Et bien, je ne m'attendais pas à vous voir ici.

Malgré le monde qui m'entourait et mes yeux fixant les ondes provoquées par les tourbillons incessants de ma cuillère dans mon café, j'avais tout de suite su que cette phrase m'était adressée et cela n'avait pas manqué de m'agacer. Cela devait déjà être la troisième fois que je l'entendais, les fois précédentes étant chez le boulanger et à la superette.

Suis-je si horrible maman ? Suis-je censée être comme dans tous ces mélodrames totalement abattue, suis-je censée m'enfermer des jours entiers, rideaux tirés, enveloppée dans tes draps à sentir ton odeur sans manger ni bouger ?

Cela fait déjà une semaine maman, et pourtant cela ne m'empêche pas de voir ces visages presque outrés qui m'observent.

Mais je suis fière de continuer à vivre, je suis fière de reprendre peu a peu les mêmes habitudes que celles que j'avais auparavant, tout simplement parce que je sais que c'est ce que tu aurais voulu. Tu m'aurais d'ailleurs certainement tenu rigueur des deux premiers jours qui ont suivis ton enterrement, que j'ai passé avachie sur le canapé du salon, la vaisselle s'empilant sur la table basse.

D'une part parce que tu as toujours détesté le laisser aller. Tu ne peux concevoir que quelqu'un passe une journée entière chez lui, voir même quelques heures à regarder la télé. Tu as toujours eu besoin d'être en activité constante et tu considérais que tout le monde devait faire de même. Encore une chose qui ne manquait pas de m'agacer, moi qui aurais voulu pouvoir plus souvent profiter de mes week-ends pour rester au lit jusqu'à midi.

D'autre part, parce que tu as toujours trouvé faibles les personnes qui laissent percevoir une once de leurs émotions : une vraie stoïcienne.

Alors je suis sortie de ma léthargie, au risque d'en choquer certaines qui me disent indifférente à ta disparition. Je ne te cacherai pas que ce n'est pas simple. Quand samedi je suis descendue dans la rue et que je me suis trouvée face à la boulangerie, j'ai eu une vague d'hésitation.

D'un coté, je voulais être forte, garder mes habitudes, et surtout, je voulais encore pouvoir penser a toi a chaque instant, me rappeler des nos moments passés dans ces lieux ou nous allions ensemble depuis ma naissance.

Mais d'un autre coté, j'avais peur, horriblement peur que la tristesse s'engouffre à nouveau en moi au point de me donner l'impression d'étouffer.

Finalement, j'ai poussé le battant de porte de la boulangerie. Pour d'autre lieux qui nous étaient plus intimes, j'ai du attendre.

Aujourd'hui, j'ai eu le courage en franchissant le seuil du « Balcon Paradis ». Bizarrement, une boule de larmes s'est formée violemment au creux de ma gorge, non pas a la remontée de souvenirs avec toi, mais à l'impossibilité de refuser la table et son unique chaise en osier que le serveur m'avait attribuée à la place de nos habituelles banquettes en cuir violet au fond de la boutique.

- Vous m'avez l'air bien songeuse, ou bien peut être voulez vous être seule, et dans ce cas je vous comprendrais.

- Pourquoi ?

- Pourquoi quoi ?

- Pourquoi être vous si étonné que je puisse vouloir prendre un café ici ? PPourquoi pensez-vous pouvoir me comprendre ? Pourquoi vous sentez vous obligé de parler tant ? Et pourquoi m'adressez-vous la parole comme si vous me connaissiez alors que ce n'est pas le cas ?

En disant ca, j'avais relevé la tête pour m'en assurer. Je ne sais pas vraiment laquelle de mes questions l'avait le plus gêné, mais il s'était trituré nerveusement les doigts. Je m'étais alors mis à le fixer, prenant un malin plaisir à le mettre encore plus mal à l'aise.

Et surtout, cette sale habitude que tu détestais tant maman, ne m'as toujours pas quitté. Cette habitude d'analyser chaque partie du visage, la silhouette et les vêtements des gens pour essayer de deviner leur prénom, leur travail, leur situation familiale . . .

Si l'on supposait qu'il fut au courant de ta mort, comme tout le monde l'etait dans le quartier, la façon dont il m'avait dit pouvoir me comprendre , sans trop grande conviction mais avec une compassion sincère sur le visage, m'avais fait penser que sa famille à lui devait encore être en vie, mais qu'elle devait être d'une grande importance à ses yeux pour pouvoir s'imaginer la douleur de cette perte.

Son travail ? Je me suis demandée si il pouvait bien en avoir un vu son accoutrement.

Son nom ? Pour une fois je n'en avais absolument aucune idée. Son visage plutôt fin et élégant contrastait avec sa masse de cheveux informe qui dégoulinait et trempait une bonne partie de son tee-shirt.

J'aurais du cependant être plus discrète dans mon analyse, car il avait certainement remarqué mon regard et avait profité de la situation pour que je me retrouve a mon tour mal a l'aise, en affichant un sourire moqueur.

J'avais alors rapidement détourné les yeux et repris la parole sur un ton remplis d'indifférence.

- Vous êtes trempé, vous voulez mon parapluie ?

- Je n'aurais pas pensé que vous le céderiez si facilement

- Pourquoi donc ? A cause du déluge qui s'abat dehors ? Je pense rester ici jusqu'à cela se calme, et puis j'habite tout près

- Est-ce que c'est une façon de m'inviter à partir, dans mon cas, avant que cela ne s'arrête ?

- Non, je pensais juste que vous aviez eu ce dont vous aviez besoin, lui avais-je dit en désignant d'un mouvement de tête le sachet de thé russe qu'il tenait dans ses mains.

- Non, je pensais aussi prendre un chocolat chaud. Ceux aromatisés coco sont excellents ici. Pour ce qui est du parapluie, la pluie n'est vraiment pas un problème pour moi

Il y avait eu à nouveau un long silence que j'avais brisé après avoir constaté qu'il restait debout devant moi, n'ayant apparemment pas l'intention de bouger.

- Je crois que vous n'avez toujours pas répondu à ma question.

- Laquelle?

- Pourquoi parlez-vous depuis cinq bonnes minutes comme si vous me connaissiez ?

- Vous êtes aussi bavarde que moi finalement, je ne parle pas tout seul depuis ces cinq minutes. Et en effet, je ne vous connais pas, mais est-ce mal d'adresser la parole a des inconnus ? Nous ne sommes plus des enfants.

Encore une fois, il avait retourné la situation en sa faveur. Bien sur que non ce n'était pas « mal ».

- Non, juste surprenant dans une ville si grande que Paris

- C'est vrai.

Il avait fait une pause, comme hésitant et avait finalement repris

- Quel est votre nom ?

- Pourquoi cette question ?

- Simple curiosité, j'aime connaitre le prénom des personnes à qui j'adresse la parole.

Bien que sa question m'avait surprise, je ne pouvais en aucun cas lui reprocher, puisque concernant la curiosité de connaitre le prénom des gens, je devais très certainement le battre. Et je ne pouvais nier que je mourrais d'envie de mètre un nom sur son visage qui m'étais jusqu'à la resté muet

- Loreleï, et le votre ?

- Pourquoi cette question ?

- Simple curiosité, j'aime connaitre le prénom des personnes à qui j'adresse la parole.

- Il est inscrit sur le parapluie.

Il s'était suivit de sa réponse un silence encore bien plus long et pesant que les précédents. Lui avait continué de me fixer, moi je pensais à vive allure, tête a nouveau baissée sur ma tasse.

Alors depuis le début, nous n'avions pas été à égalité. Depuis le début, lui savait qui j'étais. Moi non, et je ne le sais d'ailleurs toujours pas. Depuis le début, j'avais profité du fait qu'il ne me connaisse pas, c'est-ce que je croyais à ce moment, pour me relever, me prouver que j'étais encore forte, pour avoir le dernier mot.

Mais à quoi bon, puisqu'il m'avait déjà vu si faible. Au bout de plusieurs longues minutes, j'avais réussi à me reprendre et à articuler en gardant toujours le regard baissé:

- Je . . . Je vous rends votre parapluie alors.

- C'est inutile, je vous l'ai déjà dit, la pluie ne me dérange pas. Vous me le rendrez quand on se reverra.

- Qu'est-ce qui vous fait croire que l'on se reverra. Nous ne nous étions encore jamais vu avant, pourquoi cela changerait-t-il ?

- Parce que maintenant je sais ou vous prenez votre café.

Quand j'avais relevé la tête, il avait encore une fois disparu.

# Online seit Sonntag, 13. September, 2009 um 04:18

Geändert am Donnerstag, 24. September, 2009 um 18:25

[...]






Problèmes de santé, de fatigue et un boulot monstre. Mille excuses ...
Ca avance . . . .
Doucement mais ca avance, entre deux dissert's sur le droit constitutionnel et la justice féodale.
Des Bisous

Luna
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# Online seit Samstag, 03. Oktober, 2009 um 07:08

Geändert am Samstag, 17. Oktober, 2009 um 07:53